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Urbanisme: Optimistes pour la densification

• Actualités • Vendredi 31/08/2018 • 0 commentaires • Version imprimable

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Extrait de d’un article publié dans la Lettre des CCATM n°93 (publication d’Inter-Environnement Wallonie).

« Il faut travailler à créer les conditions optimales de la densification. » Le discours volontariste de Denis Marion (ASBL EPURES - Ensemble pour une réflexion environnementale et solidaire) nous accompagne à travers la variété urbanistique et architecturale pour vérifier quels principes sont indispensables au fameux « vivre ensemble ».

La Lettre des CCATM : Quelle est ta réflexion de terrain sur la densité ?

Denis Marion : La densité, c’est aujourd’hui un enjeu important, citoyen et personnel pour éviter la contagion des zones non bâties. Pour répondre à la volonté de freiner l’étalement urbain, il faut se poser la question : qu’est-on capable d’accepter autour de soi ? Quelle est la promiscuité qu’on est prêt à accepte ? Qu’est-ce que je suis prêt à NE PAS faire pour NE PAS gêner mes voisins. La densité, c’est le rapport à l’autre. C’est avant tout, pour moi, un enjeu de relations humaines.

Si tu prends un exemple comme celui-ci (Denis désigne la maison où nous nous trouvons), on a un seul bâtiment, et trois ménages, trois foyers côte-à-côte. On est dans une configuration d’appartements. Avec une terrasse-porche commune le long de l’arrière, qui relie chaque unité. Et ça fonctionne. Parce qu’à la base il y a quoi derrière ? Un contrat. On sait ce que les autres préfèrent, on en discute, on y prête attention. Dans une cité ouvrière où les gens faisaient du 3x8 dans la même usine, chacun comprenait ce qui était important pour respecter le sommeil des uns et des autres. Donc il y avait du bruit, mais le bruit était géré en connaissance de cause.

Maintenant, beaucoup de gens s’isolent, dans tous les sens du terme, sans parler à autrui de ce qui leur est nécessaire ou agréable. Il y a une ignorance des besoins. Il y a une méconnaissance de la proximité, on a poussé les gens à penser que ce n’était pas possible, qu’ils allaient être ennuyés les uns par les autres. Le bruit ressurgit comme un des sujets de conflit récurrent. Mais dans nos quartiers cossus, c’est le bruit des appareils, comme les compresseurs des piscines, les tondeuses, les lanceurs d’ULM. Bref, des loisirs sophistiqués : le confort des uns génère une nuisance pour les autres.

Nous avons eu une rencontre très sympathique avec Baptiste Dupin, de la RTBf, pour l’émission « Noir, Jaune, Blues », lors de laquelle la question de l’habitat léger a été abordée sans complexe, comme une réponse à la nécessité d’organiser notre territoire en fonction de demandes de logements à prix raisonnable. Je sais que l’habitat léger peut faire peur. L’émission amène le sujet de manière naturelle et nous a permis de poser les jalons d’une réflexion que je voudrais développer avec les citoyens et les associations : quelles manières de densifier pour un impact très minime sur l’environnement et une optimalisation des relations de voisinage ? L’habitat léger, qu’on peut modifier, déplacer, dé- monter, c’est un logement ou un lieu d’activité que tu peux tester, voir comment la s’établit, quels ajustement sont nécessaires en termes d’intimité. Encore une fois, c’est une question de contrat. Pour bien préparer le contrat du vivre ensemble, on vérifie tous les paramètres avant de s’engager. C’est important de s’autoriser une période de test pour une acclimatation.

La Lettre des CCATM : Quels obstacles s’opposent à la faisabilité d’une densification des lieux déjà habités ?

Denis : La faisabilité technique est le pendant du contrat. Si nous voulons densifier dans l’habitat existant, qu’acceptons-nous comme formes urbanistiques ? On peut construire en second rang, il faut alors penser à ménager un accès aux pompiers, tout en modérant le trafic voiture à l’intérieur de la parcelle. On a d’ailleurs tout un mouvement en ce moment, « Je construis au fond de mon jardin ». C’est plus soft qu’un îlot entier inséré dans un quartier existant ou juste à côté. Cela me fait penser à la ville d’Amboise, ma grand-mère y vivait dans une toute petite maison, la seule qui avait l’eau courante dans un quartier très peuplé et très pauvre. L’Etat a construit des HLM. Les gens ont couru vers les HLM : il y avait eau et gaz à tous les étages. En tirant un trait sur leur histoire commune, ils ont commencé à avoir des histoires, au sens désagréable du terme… j’utilise cet exemple pour dire que l’obstacle serait de vouloir procéder à la densification de manière artificielle, en un bloc, en tournant le dos aux autres logements existants.

La densification n’est qu’un tout petit aspect de la problématique de notre vie en société. Un obstacle à surmonter réside dans la manière dont nous permettons à chacun de croire que nous faisons partie de la même « cité ». J’entends, dans des groupes de travail, parler de convivialité, et dans la même phrase, dire que les enfants c’est dans les jardins, car la rue c’est pour les voitures. A se retirer dans les jardins, les enfants courent un autre risque, celui de ne pas être invités par les autres ou de dépendre de l’acceptation des adultes pour se fréquenter. Or le mélange des enfants, la présence bienveillante d’adultes et d’ados, c’est une richesse qui permet de nouer des forts. Je remarque aussi combien l’obsession de se prémunir contre des jeunes désœuvrés guide l’aménagement de l’espace public : fini les bancs, pas de poubelle, etc. Ce sont des décisions lourdes de conséquences pour tout le monde. Est-ce qu’on fait encore « commune » ?

La Lettre des CCATM : Quand on parle de densification, des gens craignent que ce soit la fin du projet individuel ; ils pensent que cela va donner lieu à des configurations tout à fait uniformes. Comment leur répondrais-tu, en termes de liberté et d’intimité ?

Denis : L’uniformité, la banalité, les impositions de gabarit et d’implantation ne sont pas le fait de la densification. C’est le fait de la réglementation relative à l’ et à l’ de notre région. Ses conventions, comme le toit à double pente, le faîte parallèle à la chaussée, pas de bois en façade, évoluent très lentement et portent sur la forme ; la prise en compte, par la réglementation, de la capacité à accueillir divers fonctionnements et activités est encore plus lente à évoluer. Le secteur de la construction a, pour sa part des façons de faire qui se répètent de chantier en chantier, et qui varient dans le temps en fonction des modes ou de l’adaptation aux règles dont je viens de parler.

Je te réponds donc qu’en soi, la densification ne contraint qu’à une seule chose : apprendre à vivre ensemble. La densité bien vécue revient toujours à cette question de s’engager vis-à-vis des autres. Pour cela, il faut être en relation avec eux. Il est tout aussi difficile d’obtenir une intimité dans les jardins de maisons mitoyennes, qu’entre deux villas dont les « parcs » sont jointifs. Une mitoyenneté pourra paradoxalement rendre plus acceptable la proximité.

La commune qui veut éviter le mitage de ses campagnes devra encourager d’autres formes architecturales, elle devra prôner la variété et les configurations qui favorisent l’intimité, elle devra in- venter des manières de préserver des espaces verts privés au rez-de-chaussée, et accepter que des terrasses ou jardins prennent place sur des toitures plates. Tu sais, j’envisage la densification comme une opportunité pour moins de banalité. Car en l’état, les volumes et gabarits communément admis ne fonctionneront pas. Je pense qu’on peut avoir de très belles choses avec des escaliers extérieurs, des toitures-balcons, des coursives, des balcons décalés. N’oublie pas qu’ici, le toit plat reste un scandale !

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