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Quel avenir pour notre territoire ?

Trois options s’offrent à nous aujourd’hui en matière d’aménagement du territoire

• Actualités • Mardi 15/12/2009 • 0 commentaires • Version imprimable

Mots-clés :

Un texte (paru dans Espace-Vie 197, La revue de la Maison de l’ / Centre culturel du Brabant wallon) d’Anne Collignon, géographe et urbaniste, Hermann Pirmez, anthropologue, Denis Marion, économiste .
Regroupé pour le plaisir dans le collectif « Calvin & Hobbes ».
« - Je me demande si on peut refuser d’hériter de la terre… - Je crois qu’une fois né, c’est trop tard. »

Pendant longtemps, et encore maintenant, des promoteurs immobiliers ont proposé des projets de lotissement de maisons quatre façades, parfois devenues bioclimatiques ou basse énergie, avec des avenues larges, des jardins bien clôturés. C’est encore le rêve de beaucoup de gens. Nous connaissons maintenant une évolution avec l’habitat groupé, qui (re)conduit à créer des entités plus denses et peut-être mieux partagées.

L’accès à ces quartiers reste bien souvent lié à la voiture. Soit par goût d’habiter dans une région d’un certain «niveau», soit au contraire parce que la réalisation du rêve nécessite de se rabattre sur des endroits plus éloignés des grands centres. Cette automobile, parfois combinée, mais rarement, à des trajets en transports en commun continue à nécessiter, non seulement l’entretien du réseau existant, mais de nouvelles infrastructures routières.

De plus en plus de voix s’élèvent pour réclamer l’abandon de ce grignotage, de ce mitage, les autorités emboîtant le pas en favorisant la densification des centres. Certains vont plus loin en réclamant un retour à l’exode rural vers les villes, seuls lieux qui permettent l’offre suffisante de services avec une sobre. En matière d’, l’habitat n’est bien entendu pas l’unique élément à prendre en considération. Il y aussi l’offre de travail. Or, cette offre n’est plus liée à la localisation de l’habitat. Elle n’est pas liée non plus aux contours des villes. Les espaces réservés aux entreprises sont d’ailleurs souvent éloignés des plus grands centres, voire même simplement d’un réservoir de main-d’oeuvre et leur accessibilité en transport en commun est souvent réduite. Eux aussi réclament généralement des infrastructures de transport, routières.

L’offre de services est un autre élément qui dans les grands centres, est  effectivement complète, mais il nous semble que trois pans de cette offre ont eu tendance à se décentraliser ces dernières décennies, sans que le mouvement ne freine : les zones de commerce et de loisirs et les complexes cinémas qui fonctionnent comme les zones d’entreprises. 

Tous ces développements se font souvent au détriment de terres cultivables ou de biotopes intéressants. Ils sont globalement de grands consommateurs d’énergie, tant en eux-mêmes que par le type de fonctionnement qu’ils favorisent, et peu peuvent se réclamer d’un développement durable.

Faut-il s’en inquiéter face entre autres aux défis du changement climatique et de la pénurie d’énergie bon marché ?

Trois options, parmi d’autres, s’offrent à nous :

  1. Nous ne faisons rien parce que des solutions techniques nous permettront de continuer comme cela.
  2. Nous rapatrions tout le monde dans les villes, parce que c'est la meilleure façon d'économiser l'énergie en ayant une offre maximale de service.
  3. Nous recréons des unités plus petites pour qu'elles soient proches des lieux de fourniture de consommation et de travail parce qu'une bonne partie de l'activité tertiaire s'éteindra et que le retour aux productions locales, agricoles ou industrielles, s’imposera largement.

La première option, qui nous semble d’une naïveté criminelle, ne remet pas en question le développement tel que nous le connaissons.

La deuxième, privilégiant la densification,  suppose que l’offre de travail (re)devienne accessible et suppose également que la place du tertiaire reste forte. Mais elle impose l’existence d’un véritable contrat social entre les habitants sous peine d’opposer les besoins : calme versus activité, silence versus bruit. De plus, en règle générale, elle n’offre pas les outils et les espaces nécessaires à ceux qui souhaiteraient une vie proche de la nature : absence de réels espaces verts ou d’espaces cultivables.

La troisième, qui peut paraître incongrue, se fonde sur la disparition d’une énergie bon marché, impliquant la difficulté de maintenir des processus de production nécessitant matières premières et énergie pourtant en déclin, de maintenir une permanente des humains et des marchandises et la nécessité de restaurer un environnement équilibré.

Si arbitrairement, nous dédaignons la première des options, la question qui subsiste est comment préparer le passage à la seconde option, voire plus vraisemblablement à la troisième. Et il paraît que c’est urgent.
 

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